LIFESTYLE

1 an sans manger d’animaux: mon bilan

Les animaux ont toujours fait partie de ma vie et il semble évident que la question de la cause et du bien-être animal se soit à un moment posée dans ma vie.

Les animaux je les ai connus toute jeune chez mes grands-parents, avec les chats. Ils en avaient plusieurs et le dernier d’entre eux, « Titi » était mon chouchou, si bien que j’avais décrété que c’était MON chat. Lorsqu’il est mort, je me souviens être tombée en larmes devant un épisode de Pokémon en voyant « Miaouss ». Je me souviens aussi avoir eu cette impression étrange de le voir passer dans le couloir chez mes grands-parents des mois après. Le cerveau fonctionne d’une manière bien étrange.

Chez mes grands-parents toujours, « Briciola », cette petite yorkshire bien bavarde a su se faire une place de choix dans la famille pendant des années, avec ses couettes et ses chouchous dans les cheveux.

Ma propre maison a vu arriver ses propres animaux en 2000, lorsqu’après avoir harcelé mes parents pour avoir un octodon, ils ont fini par céder pour un lapin (ma mère déteste la queue des rongeurs). C’est comme ça que ma belle « Igloo » est entrée dans la famille, son pelage tout gris avec juste le bout du nez blanc, et sa crinière de lionne. Peu de temps après, c’est mon frère qui a voulu son lapin lui aussi, et nous avons accueilli une lapine, qui s’est avéré être un lapin (nous avons compris le truc lors de la première portée d’Igloo), le très cher « Chipon ». C’est après deux portées et pas moins de 14 petits lapinous que nous avons décidé de garder un bébé (et castrer Chipon), une lapine toute blanche aux yeux bleus, nommée « Polar », en référence au petit ours du jeu Crash Team Racing (époque Playstation 1 !).

Nos adorables lapins sont restés très longtemps à nos côtés, et Chipon, le « padre » s’est éteint en 2010, à l’âge de 10ans, ce qui est une véritable prouesse pour un lapin !

La famille est restée sans animaux pendant de longues années, et fin 2018 c’est un adorable petit husky qui nous a rejoint Clément et moi, notre monstrozor: Snow.

Vous l’aurez je pense compris, mais ma vie a été ponctuée d’épisodes animaliers, et j’ai toujours eu ce besoin d’être à leur contact, de les côtoyer.

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La Viande et moi, un rapport très compliqué

Vous remarquerez que j’utilise la majuscule sur le mot Viande, parce que je veux vous parler aussi des espèces aquatiques, les poissons et les crustacés.

Si je remonte à l’origine des temps de ma petite existence, toute ma famille s’accordera à dire que je suis une vraie chieuse. Oui parce que pour moi, il a toujours été impossible que je mange des fruits de mer, j’ai longtemps détesté toute forme de poisson, et si l’on s’intéresse aux mammifères, le constat est identique : pas de viandes sauvages, pas de veau, d’agneau, j’ai refusé de manger du lapin après avoir adopté les nôtres et pour les viandes restantes, toujours un même critère « elle doit être lisse ».

C’est quoi une viande lisse ?

Pas de nerfs, de gras, rien qui dépasse, rien qui ne ressemble à un morceau de chair en somme. Un morceau de gras un peu croquant dans une merguez me ruinait un barbecue, le bœuf bourguignon que ma mère prenait du temps à cuisiner était une torture pour moi, et je ne vous parle pas de l’entrecôte nerveuse ! On peut dire que mes morceaux étaient assez limités, entre escalope de poulet (triée sur le volet) et steak haché (sans gras). Je me rends compte avec le recul qu’au fond, ça m’a toujours plus ou moins écœuré de manger des animaux, que ça me dérangeait vraiment, mais je ne parvenais pas encore à l’époque à identifier pourquoi.

4 ans sans manger d’animaux (2011-2015)

La première fois que j’ai décidé d’arrêter de manger des animaux, j’avais 20 ans, j’étais jeune et très remontée. Mais j’ai pris le temps de faire les choses, et j’ai progressivement arrêté de consommer tout type de viande sur une période d’un an. A l’époque j’ai bien évidemment avalé les ouvrages spécialisés, comme le célèbre « Faut-il manger des animaux ? », qui a d’ailleurs achevé ma transition vers le végétarisme.

S’en sont suivi 4 ans sans consommer d’animaux, avec un profond dégoût pour la viande. Pour l’anecdote, j’ai fait un presque-malaise chez une amie qui m’avait servi des pâtes à la sauce tomate, dans laquelle j’ai senti une texture et un goût que je ne connaissais pas, et quand j’ai compris que du veau avait été cuit dans la sauce tomate, j’ai arrêté de manger et je me suis sentie mal pendant plusieurs heures. Du dégoût profond, comme je vous le disais.

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Je rebascule du côté obscur de la force

Fin 2014, je pars à Londres pour faire ma dernière année de Master, et je rencontre Clément, ce jeune carnivore qui partage toujours ma vie. Coup de foudre, grande romance, et restos à tout va, jusqu’au moment où je « goûte » de la viande, de plus en plus souvent, jusqu’à en commander dans ma propre assiette.

Dans ma tête, je ne suis pas très fière, mais je me fais plaisir, et comme à cette époque, je suis à fond dans le running et la salle de musculation, j’ai besoin de mes « prot’ ».

Entre temps je me désabonne de toutes les pages Facebook de PETA, L214 & compagnie. Parce que oui, j’ai mauvaise conscience. Et disons-le franchement : je mange mal. Produits hors saison, blanc de poulet industriel, saumon d’élevage, la totale ! Autant dire que je ne fais pas les choses à moitié.

2018, l’année du renouveau

En Août 2018, je m’envole vers le Québec et ses grands espaces pour un roadtrip magnifique de 10 jours. Sur place, je passe une matinée totalement incroyable sur un zodiac à la rencontre des baleines. En me rendant compte de la beauté brute de la nature, de la force tranquille de ses géantes des mers, je me retrouve en plein questionnement sur moi-même, sur mes valeurs.

Je ne reconnais plus la personne que j’ai été ces dernières années. Moi qui prônait le respect de l’animal, de l’humain, je venais de passer 4 années à renier toutes mes valeurs et être égoïste au possible. En sortant du bateau, au restaurant, je commande un plat végétarien.

Le 8 septembre 2018, je passe un week-end chez mes parents, à engloutir les bonnes pizzas faites maison par ma mère. En rentrant le dimanche soir à Paris, c’est terminé : je ne mangerai plus d’animaux. La décision est radicale, forte et définitive. Le 8 septembre, j’ai mangé pour la dernière fois des animaux, il y a 1 an.

Ce qui a changé entre 2011 et 2018

Mon comportement avec les autres

Incompréhension de ma famille qui m’a vu mangé de la viande, ne plus en manger, en remanger et arrêter à nouveau. Mais les remarques « tu verras, tu en remangeras », « tu vas être malade » et j’en passe ont laissé place à une indifférence. Je ne sais pas s’ils me prennent pour une folle ou respectent mon choix, mais pour moi c’est très bien comme cela. Mon frère et mes parents m’ont tout de même dit qu’à l’époque, j’étais super chiante, et que j’essayais de leur imposer mon point de vue. Est-ce eux qui se sentaient coupables de manger des animaux et l’ont mal pris, ou moi qui en voulant gentiment informer les gens ait fait preuve de trop de virulence? Quoi qu’il en soit, je suis assez satisfaite d’avoir pu laisser mon empreinte: mes parents mangent presque exclusivement de la viande d’un agriculteur local et achètent plus de fruits et légumes de saison. Une petite victoire !

Ce que j’ai compris en 7 ans, c’est que je n’arriverai jamais à « convertir » les autres. Que j’aurai beau leur montrer des heures de vidéos sur la réalité du contenu de leur assiette, cette décision de ne plus manger d’animaux ne sera jamais de mon fait. Le système est ficelé d’une manière à ce que la vache soit si loin du morceau de bavette dans votre assiette qu’il est pratiquement impossible de se rendre compte, d’avoir de la compassion.

Si nous devions nous même tuer les animaux, est-ce que nous les mangerions toujours ?

Ce court-métrage que je vous conseille mets bien en lumière ce sujet, et la véritable problématique de l’industrie de la viande.

En 2018 donc, j’ai décidé d’arrêter de manger de la viande avant tout pour moi. Si on me questionne, je répondrai avec bienveillance, et si on m’attaque (ce qui arrive encore malheureusement), j’ignorerai. Je n’ai plus de temps à perdre à défendre mon opinion face à des gens agressifs.

L’essor du végétarisme

J’ai été accueillie dans le monde des non-mangeurs d’animaux en 2018 avec une super nouvelle : ce n’est plus impossible d’être végétarien et d’avoir une vie sociale! Je me revois encore bien en 2011 chez Buffalo Grill à commander un œuf bacon « sans bacon », sacré moment! 

En 2019, la plupart des restaurants proposent un plat végétarien. Et si parfois ça reste une classique salade de chèvre chaud, je remarque une vraie volonté de proposer des plats sympas pour les végétariens.

MERCI ! Merci aux restaurateurs qui pensent à nous, et merci à ceux qui ont choisi d’en faire carrément leur fer de lance.

Les choses progressent, changent et je suis ravie de voir que la France n’est plus si réfractaire au changement.

que faire à anvers ou voir des animaux au canada

Une prochaine étape ?

Si ma première « phase » de végétarisme était uniquement dans mon assiette, cette fois-ci ma réflexion est plus poussée. Est-ce que je peux décemment acheter une nouvelle paire de bottines en cuir si je refuse de manger du rosbif ?

A mon sens la réponse est non. Exit donc le cuir, la fourrure (jamais achetée de toute manière) et également la laine. Pour autant, ma démarche se veut écologique et responsable. Hors de question pour moi de jeter mon sac Givenchy par la fenêtre ou mon manteau d’hiver en laine. Les prochains achats seront « vegan », mais je n’entends pas tout jeter pour tout racheter, ce qui ne serait pas du tout écologique.

Idem pour les cosmétiques, pour lesquels j’ai décidé de ne plus acheter de marque qui teste sur les animaux. C’est pour cela que je vais terminer mon pot de crème hydratante Dior, mais que cette marque ne sera dorénavant plus dans ma salle de bain.

Devenir vegan ?

Forcément cette question me taraude et au vu de mon raisonnement on pourrait se dire que c’est la prochaine étape. Eh bien non, du moins pas dans l’immédiat. J’ai conscience que cela serait une étape logique dans ma démarche, mais je pense aussi qu’il faut faire les choses à son rythme et s’écouter. De la même manière que je respecte les gens qui choisissent de réduire leur consommation de viande mais de ne pas totalement arrêter, je ne me sens pas prête aujourd’hui à être vegan.

En revanche, je commence à me faire de plus en plus de repas qui le sont. A m’informer sur les recettes veganes, à les expérimenter. J’ai participé à un atelier génial, Super Naturelle, dans lequel j’ai appris à cuisiner des plats d’Asie du Sud-Est vegan. Je pioche des idées à droite et à gauche, et surtout je ne me contrains pas. Si j’ai envie de manger une tranche de comté, je la mange. Parce que je pense aussi qu’un changement opéré sous la contrainte ne peut pas fonctionner durablement.

« Chi va piano va sano e lontano » comme dirait ma grand-mère !

A bientôt,

Laura

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 Comments

  • Reply
    Anna Kordelia
    24 septembre 2019 at 09:23

    Hello !
    Merci d’avoir partagé ton expérience intéressant !
    Moi je ne me sens pas prête à changer radicalement mes habitudes alimentaires, pour le moment je me pensche vers le flexitarisme. Ce régime alimentaire consiste à réduire la consommation de viande pour protéger sa santé et celle de la planète et il me convient parfaitement :)

    • Reply
      Vitalaurea
      25 septembre 2019 at 10:40

      Effectivement, le flexitarisme est la première étape, à condition de bien sélectionner la viande que l’on mange. Selon moi, si on ne souhaite pas définitivement arrêter de manger des animaux, il faut à minima réduire sa consommation, et choisir des pièces de viande/poisson qui ne proviennent pas de supermarchés, mais plutôt de bonnes boucheries ou directement chez les éleveurs! Merci pour ton témoignage en tout cas!

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