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A la découverte de la nature au Québec

C’est peut-être l’âge, la maturité, ou bien le fait de vivre dans une grande ville, mais je ressens de plus en plus le besoin d’être dans la nature.

En 2015, lors de mon voyage dans l’état du Colorado aux Etats-Unis, j’ai réalisé pour la 1ère fois de ma vie toute la puissance, la force, la sérénité de la nature. J’ai découvert une nature sauvage, surprenante, belle. Et l’apparition d’animaux de temps à autre sur notre chemin m’a rempli d’un grand sentiment de gratitude.

Depuis ce voyage, j’ai envie de m’éloigner des villes, de leur animation, des bruits de moteurs, de leurs odeurs trop présentes. J’ai envie de calme. J’ai envie de simplicité.

Le Canada, le Québec, j’en ai toujours rêvé. Et l’image que j’en avais était celle d’étendues incroyables de sapins, de routes sans fin, d’animaux sauvages, de paysages enneigés aussi, mais surtout de ce sentiment de bout du monde et de solitude un peu comme on le ressent dans L’Appel de la fôret.

Au Québec, je n’ai pas été déçue. J’y ai trouvé les animaux, les immenses fôrets, la nature, calme, silencieuse. J’y ai trouvé aussi la ville, du moins les villes, mais je n’ai pas voulu m’y attarder. En fait, bien que j’ai apprécié les villes du Québec, cet été, j’ai eu envie de les fuir, d’aller le plus loin possible d’elles, pour profiter de la forêt, de ses écureuils chantants, et de ses sentiers qui mènent à des cascadres incroyables.

Alors aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de la nature au Québec, des endroits où la rencontrer, et l’apprécier.

Les parcs nationaux

Tous les parcs nationaux québécois sont payants. Le droit d’entrée est de 8,60 $CAD par adulte et par parc. C’est un petit budget à prendre en considération, mais qui permet la sauvegarde de la nature et l’entretien des parcs. Il existe un pass d’accès annuel aux parcs, qui est au prix de 78$CAD par personne. Si vous avez l’intention de faire une dizaine d’entrée dans les parcs ou que vous partez pour une longue durée, cela peut valoir le coup de prendre le pass.

Parc national du Fjord-du-Saguenay

Notre première expérience dans un parc lors de notre séjour au Québec. Nous devions initialement faire du kayak dans le Fjord, mais les conditions météo nous ont forcé à annuler ce projet.

Première leçon de la nature: c’est elle qui commande.

Nous nous sommes donc rabattu sur une randonnée dans les sentiers du parc national du Fjord-du-Saguenay. Cet endroit est assez impresionnant, il y a comme une sensation de bout du monde lorsque l’on voit ces deux grandes parois verdoyantes séparées par l’immense rivière du Saguenay. Dans le parc, il y a une multitude de randonnées à faire, de tous les niveaux de difficulté. Nous avons choisi le Sentier des Chutes qui est une belle randonnée de 5km qui nous a emmené alternativement en forêt touffue puis dans des espaces plus dégagés.

Un immanquable pour avoir une belle vue sur le Fjord est d’aller au Belvédère de l’Anse de Tabatière, qui est accessible en voiture. La meilleure expérience doit tout de même être le kayak, il faudra donc que j’y retourne pour pouvoir apprécier la beauté du paysage depuis mon embarcation.

Nous ne sommes malheureusement restés qu’une journée dans ce parc, mais il existe de très nombreuses activités à faire des deux côtés de la rivière.

Parc national de la Jacques Cartier

Cet immense parc se situe en bordure de la ville de Québec, à 30 minutes de voiture seulement.

L’emblème du parc est l’orignal (plus connu en France sous le nom d’élan), le plus grand des cervidés de la planète.  Cet animal massif peut atteindre 700 kg, et ses bois mesurer 1m60 (ce qui est plus grand que moi). Nous avons eu la chance inouïe de voir un orignal traverser la route devant nous lors d’un trajet en voiture.

Et je peux vous dire que ça a été une des rencontres animales les plus impressionnantes que j’ai pu faire. Celui que nous avons vu devait être un “petit”, mais il était pourtant immense et massif, tout en se déplaçant de manière très fluide, presque en dansant. Je vous avoue m’être interrogée avec inquiétude sur le comportement que je devais adopter quand je l’ai vu se retourner vers notre voiture et nous regarder droit dans les yeux. Mais il a poursuivi son chemin sereinement vers l’autre côté de la route pour s’enfoncer dans l’épaisse forêt.

Pour notre randonnée dans le parc de la Jacques-Cartier, nous avons choisi le sentier des Loups, qui est l’un des plus célèbres puisqu’il permet d’admirer les fractures du massif et avoir une vue dégagée sur plusieurs parties du parc. Cette randonnée de 11 km est considérée comme difficile, bien que nous l’avons trouvée plutôt simple à l’exception des derniers mètres, qui se composent de pas mal de rochers.

Parc national de la Mauricie

Coup de coeur ultime pour ce parc, à 2 h de route de Montréal, dans lequel nous avons vécu la randonnée la plus éprouvante de notre vie.

Nous sommes allés dans ce parc spécialement pour nous rendre aux chutes Weber. Pour y arriver, c’est un véritable périple, puisque le parcours consiste à monter dans un canöé et pagayer durant 4,6km, pour ensuite faire un peu moins de 4km de randonnée. Et la même chose au retour!

Pour cette randonnée, il faut compter entre 6 et 8h, mais n’oubliez pas d’inclure votre temps de repas, et le moment durant lequel vous allez profiter des chutes, où l’on peut se baigner. Grosso modo, on y reste la journée entière en comptant les trajets en voiture.

L’expérience est vraiment chouette, et l’ambiance est très conviviale puisqu’il a pas mal de monde qui suit cet itinéraire ensemble. On ne va pas se mentir cependant, ce parcours n’est pas pour les chochottes: il faut beaucoup ramer, parfois sortir du canöé pour le soulever car le chemin emprunte des barrages de castor, le sortir de l’eau à l’entrée du chemin de randonnée,…

Vous l’aurez compris, ces chutes Weber, elles se méritent! Pas d’inquiétude cependant, même les enfants y arrivent et le chemin est assez simple à suivre.

Une précaution en revanche: armez vous de spray répulsif pour les moustiques. Je n’ai pas pris au sérieux cette remarque, et je l’ai amèrement regretté. A la sortie du canöé, sur le rivage, ce sont des centaines de moustiques affamés qui vous attendent en se léchant les babines. Résultat: pas moins d’une vingtaine de piqures en moins de 10 minutes. Et je vous assure, ils sont coriaces! Conclusion: répulsif obligatoire!

Parc national du Mont-Tremblant

C’est le dernier parc dans lequel nous nous sommes rendus, la veille de notre retour en France. Pour être honnête, je n’ai pas été emballée d’emblée par ce parc, j’ai eu l’impression qu’il était plus “touristique” que les autres, en raison de sa proximité avec Montréal (moins de 2h de route).

Cependant nous nous sommes rendus sur place avec pour idée de profiter une dernière fois des grands espaces naturels que propose le Québec. Dans ce parc, l’emblème c’est le loup! Et si j’ai un énorme regret, c’est de ne pas avoir pu rester plus longtemps pour faire la randonnée avec guide à la tombée de la nuit, sur la trace des loups justement. Rien que pour cette expérience, je sais que je retournerai dans ce parc. Je vous avais déjà parlé de ma fascination pour cet animal, et l’un de mes plus grands souhaits ce serait de pouvoir l’observer évoluer dans son environnement naturel, chez lui.

Au parc national du Mont-Tremblant, nous avons choisi le sentier de randonnée du Lac-Poisson. Le début du parcours est d’un niveau très simple, c’est pratiquement plat et bien dégagé au milieu de la fôret. Il nous mène au fameux lac poisson, un endroit étonnant puisqu’on a la sensation que le parc a été comme “posé là”. Entouré de toutes parts de la foisonnante fôret, il n’y a ni habitations, ni aucun bruit. L’ambiance est particulière, surement parce qu’on a pas l’habitude d’être entouré du silence, le vrai. Cette sensation est étonnamment presque pesante. 

Nous avons voulu poursuivre notre chemin parce qu’on nous avait promis une cascade. Plus on avance, plus le chemin est tortueux, parfois impratiquable. Nous avons du passer au dessus d’arbres écroulés, monter sur de gros rochers, éviter des trous. Cette randonnée de 7,4 km est classée en niveau intermédiaire, mais pour ma part, je dirais que la 1ère partie est très facile, et la deuxième franchement plus difficile. Au compteur: une chute pour Clément et une chute pour moi. Egalité.

La cascade, à la fin, en valait clairement la peine. Même si par cascade, il faut plutôt penser à une petite coulée d’eau sur des rochers relativement plats. Mais nous étions seuls, vraiment seuls. Avec pour nous accompagner, ce silence, lourd, et le bruissement de l’eau qui coule paisiblement. Les photos ne rendent jamais justice à ces endroits, qui ne peuvent s’apprécier qu’en y étant, pour y palper l’ambiance.

Nous avons profiter de ce moment de solitude pour se baigner, apprécier la vue, et profiter de ce soleil qui tapait encore lourdement en ce début de Septembre.

Tadoussac

Tadoussac. Tadoussac c’est la vie. Tadoussac c’est la révélation. La prise de décisions. Les émotions, brutes, réelles.

Tadoussac pour moi ça a d’abord été la peur, la chose que je redoutais. Tadoussac, c’est les baleines bien sur. Les “petites” de 25m, et les grandes, qui mesurent 35m. J’ai redouté de les rencontrer. Parce qu’aussi belles soient-elles, les baleines me terrorisent, tout comme leur lieu de vie.

Alors partir sur un bateau en haute mer et me retrouver à quelques mètres de ces monstres marins, c’était l’horreur. Nous sommes montés sur ce bateau, moins de 20 personnes, nos combinaisons de cosmonautes des mers sur le dos. Et Pierre, notre capitaine, nous a demandé d’être reconnaissants, de nous rendre compte que ces mammifères, les plus grands de la planète, nous tolèrent chez eux. Parce que oui, c’est nous qui sommes dans leur maison, dans leur lieu de vie. Alors nous sommes partis, sur ce bateau avec Pierre et ses jumelles. Et nous avons cherché les baleines, quelques minutes, qui se sont transformées en plusieurs heures. Jusqu’à ce qu’on le voit au loin: le grand jet d’eau au milieu de la mer. Alors nous nous sommes approchés, mais pas trop, pour ne pas leur faire peur, et nous avons vu sa grande nageoire, très loin.

Puis la chance nous a sourit, et l’une d’entre elle, plus téméraire, a nagé à quelques mètres de nous. Elle a soufflé dans les airs, elle nous a montré son aileron dorsal, et puis elle en a eu assez. Alors elle est partie, lentement, majestueusement, et son immense nageoire est sortie de l’eau, nous a salué une dernière fois, et a disparu dans les profondeurs de l’océan. Et j’ai pleuré.

Tadoussac, je n’oublierai jamais. Je ne les oublierai jamais. Et maintenant je n’ai plus peur.

La prochaine fois, en revanche, j’irai les voir en kayak, pour ne pas les polluer, pour ne pas les asphyxier, avec nos bateaux, leur bruit et leur carburant. La prochaine fois, je viendrai, mais pour les aider, les protéger. Parce qu’elles sont si paisibles, si calmes. Et que c’est mon devoir, notre devoir de les protéger.

Au Québec, j’ai privilégié la nature. Et la nature m’a émerveillé. Je m’y suis sentie sereine, en confiance. Alors je continuerai à aller à sa rencontre, autant que je le pourrai.

Laura

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2 Comments

  • Reply
    uneancrealouest
    13 novembre 2018 at 13:56

    C’est vraiment très beau.

    • Reply
      Vitalaurea
      13 novembre 2018 at 15:15

      Oui, la nature québecoise est superbe!

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