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Quand les français portent plainte contre l’Etat: L’Affaire du Siècle

Tous les ans, le passage à la nouvelle année amène son lot de bilans sur l’année écoulée et résolutions pour celle qui arrive.

Je remarque que la prise de conscience écologique est de plus en plus forte, notamment chez les influenceurs qui rejettent en bloc leur propre modèle de consommation et d’influence à consommer.  

En 2018, on a vu de nombreuses manifestations pour le climat à travers la France, suivies par des milliers de personnes.

En Novembre, on a relevé les défis du mouvement On est prêt, qui a cartonné sur les réseaux sociaux, mis en avant par toute une ribambelle de youtubeurs, de Norman à Axel Lattuada (Et tout le monde s’en fou) en passant par Professeur Feuillage.

En Décembre, on attend le summum de la prise de conscience écologique quand l’Affaire du Siècle est lancée.

L’Affaire du siècle, c’est quoi?

C’est 4 associations françaises (Notre Affaire à Tous, Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France), qui ont décidé d’attaquer l’Etat français en justice. Pourquoi? Pour qu’il respecte les engagements qui ont été pris en matière d’écologie.

Le mouvement est soutenu par des personnalités publiques qui s’engagent pour le climat, comme McFly & Carlito, mais aussi Marion Cotillard, Elie Semoun et Juliette Binoche pour ne citer qu’eux.

De notre côté à nous, des citoyens, les ONG mettent à disposition une pétition en ligne pour soutenir la démarche. A l’heure où je vous écris, l’objectif des 2 million de signature est déjà atteint. En moins d’un mois! Autant vous dire que les citoyens français sont largement engagés sur ce sujet.

Une prise d’action insuffisante des Etats et des entreprises?

Toutes ces initiatives et l’engouement médiatique autour de ces thématiques du déréglement climatique, des pestides, de l’industrie agro-alimentaire montrent clairement qu’il y a une véritable prise de conscience écologique de la part des citoyens, et que clairement, on attend des politiques bien plus que des paroles.

A travers le monde, on remarque que le sujet est assimilé par les particuliers et de nombreuses initiatives sont prises pour limiter son empreinte écologique (je pense notamment aux représentants du zéro déchet comme Béa Johnson, et aux adeptes du minimalisme) .

Cependant, les initiatives fortes sont bien moins récurrentes du côté des entreprises et des politiques.

Est-ce que les citoyens peuvent faire confiance à leurs dirigeants pour répondre à l’urgence climatique?

On peut clairement en douter quand on sait que certains dirigeants sont carrément anti-écologie, comme Trump qui s’evertue à annihiler tout le travail entrepris par son prédécesseur. Le constat suite à la COP24 qui s’est tenue à Katowice en Décembre dernier est lui aussi bien décevant: si l’on met de côté le fait qu’elle est passé assez inaperçue aux yeux du public (en France, les yeux étant rivés sur les gilets jaunes), c’est surtout une sorte de désengagement des politiques envers l’environnement qui est à noter, comme le souligne Greenpeace dans son communiqué du 18 décembre 2018.

Les grosses entreprises vers une transition écologique?

Côté entreprise, même constat: un impact important, mais une prise d’actions limitée. En atteste le rapport d’Audit de Break Free from Plastic, suite à plusieurs campagnes de ramassage de déchets plastiques par près de 10 000 bénévoles à travers le monde en 2018, pour un total de près de 200 000 pièces collectées, et analysées. Le résultat? Un classement dominé par des multi-nationales comme Pepsi, Danone ou Unilever. Le top 3 du classement (Coca-Cola, Pepsi et Nestle) pèse 14 % du volume de pollution plastique.

Mais qu’en disent ces entreprises?

Si on en croit les rapports de durabilité de ces trois géants, on pourrait penser qu’ils travaillent dur pour être plus écolo. Mais en analysant de plus près les informations, je trouve tout de même qu’on mélange les choux et les carottes. Si Break Free from Plastic fait l’inventaire du nombre de déchet individuel collecté, Coca-Cola par exemple, dans son Sustainability report de 2017, indique: “En 2017, nous avons recyclé ou aidé à récupérer des bouteilles et canettes pour l’équivalent d’environ 59% de ce que nous avons introduit sur le marché” . Oui ok, très bien, mais dans ce cas, on a envie de savoir: combien de bouteilles et canettes ont-ils injecté sur le marché? Et là, officiellement, vous n’aurez jamais la réponse puisque Coca-Cola ne communique pas cette information. Qu’à celà n’en tienne, Greenpeace a enqueté et après avoir analysé les états financiers du géant de la bouteille, l’ONG a estimé un nombre de bouteilles vendues de 128 milliard de bouteilles par an. Oui, vous avez bien lu!

Aller, poussons le cas un peu plus loin. Sortez les calculettes! 128 milliard dont 59% est recyclé, soit 75 milliard de bouteilles, il nous reste donc à la fin…

..52 milliard de bouteilles Coca-Cola non recyclées, par an!

Voilà. Donc en terme d’efforts écologiques, je pense qu’il y a encore du chemin à faire pour ces entreprises faites de plastique.

Face à ces constats inquiétants, on peut se demander qui peut proposer des solutions une véritable transition écologique.

Les initiatives citoyennes à l’origine d’un changement

Si on s’intéresse à ce qui se fait du côté des citoyens, des particuliers, on remarque que l’écologie n’est pas qu’un sujet de discussion autour d’un verre le vendredi soir, mais bel et bien une prise d’action concrète.

En atteste les 237 campagnes Ulule en cours dans la catégorie “Solidaire et Citoyenne”, dans laquelle on retrouve par exemple des produits écologiques comme la lessive L’alchimiste ou bien un projet de café zéro déchet, Kimia.

Plus récemment, on a vu s’ouvrir à Paris, un très joli concept de boutique zéro déchet spécialisée en vrac liquide The Naked Shop. Bien sûr on ne peut pas oublier le projet très ambitieux de nettoyage de l’océan Ocean Cleanup, imaginé par un jeune néerlandais de 18 ans.

Pas étonnant donc que plus de 2 millions de personnes se soient engagées aux côtés des 4 ONG pour faire entendre leur voix dans l’Affaire du siècle.

Est-ce que la justice peut contraide l’Etat a respecter ses engagements écologiques?

La vraie clé dans cette affaire, ce serait sourtout de savoir si ces 2 millions de signatures peuvent avoir un réel impact.

En Europe, le cas des Pays-Bas est assez notable. La Cour de La Haye a condamné le gouvernement hollandais à intensifier ses efforts dans la lutte contre le changement climatique. En détail? Une réduction de 25% des émissions de gaz à effet de serre (contre 17% prévue par le gouvernement) d’ici 2020.

Aux Etats-Unis, la Cour suprême a autorisé la tenue du procès Juliana vs USA, dans lequel 21 jeunes américains de l’Oregon souhaitent attaquer le gouvernement américain en justice pour son inaction à protéger l’environnement, et ce depuis des décennies.

La France avec l’Affaire du siècle est la dernière pierre à l’édifice dans ce combat des citoyens contre les gouvernements en matière d’écologie.

Face à ces inactions des Etats, la justice semble être l’espoir da la mise en place de véritables actions en faveur de l’environnement.

Si vous n’avez pas encore signé la pétition de l’Affaire du siècle, c’est ICI que ça se passe. Prochain objectif: 3 million de citoyens engagés!

Laura

 

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